Bonjour à tous,
Aujourd’hui pour la rubrique “Ils se sont lancés”, c’est Yann Caplain, designer graphique, web-designer, developpeur web, et peintre/dessinateur, (rien que ça !) qui répondra aux questions de je-mlance ! Immigré au Canada, Yann ou plutôt Yozz (c’est son pseudonyme) a décidé de tenter sa chance comme travailleur indépendant ! Il nous raconte son expérience.
Vous pourrez retrouver son travail sur les sites www.yozz-online.com et www.yakilan.com.
Ses conseils :
- vivre avant de travailler!
- pour ceux dont la motivation principale est la liberté : savoir rester petit !
- pour les autres : “Si t’es surbooké, c’est que tu charges pas assez!”
1. Peux-tu nous décrire ton activité en quelques lignes ?
À la base, je travaille sur l’image des entreprises, leur côté graphique en général. Et puis bien souvent, une fois l’image déterminée, je suis amené à leur créer un site web, à fournir leur papeterie, etc… Et comme je travaille souvent pour des restos/lounge/bars à la mode et qu’ils apprécient mon travail, on me confie de plus en plus la déco intérieure. Et comme les restos sont bourrés de gens, de fil en aiguille, je me retrouve à faire un peu de déco pour les paticuliers!
2. Comment t’es venue l’idée et quand as-tu créé ta boîte ?
J’ai toujours été indépendant, autonome et autodidacte. J’ai donc toujours eu derrière la tête l’idée d’être à mon compte pour être libre. J’ai créé mon entreprise en juin 2008 après avoir quitté un @$%? de job qui… hum… pardon…
3. T’as mis longtemps à te lancer ? Qu’est-ce qui t’a poussé ?
Le fait de venir vivre au Canada m’a tout simplement ouvert les portes qui sont d’ordinaire bien verrouillées dans beaucoup de pays, notamment en France jusqu’à il y a peu de temps, je crois.
4. Avais-tu déjà un réseau, comment l’as-tu créé ou développé ?
Pas vraiment de réseau à la base, j’ai commencé par faire de la sous-traitance pour des studios de graphisme, et encore une fois… Le bouche à oreille.
5. Pourquoi as-tu choisi le Canada pour créer ta boîte ? Quels sont les avantages par rapport à la France ?
Je n’ai pas choisi le Canada à proprement parler, mais ça a été un énorme plus d’être dans un pays ou la création d’entreprise ne nécessite aucune formalité. Tu travailles, tu factures, tu déclares. Je ne peux pas facilement comparer à la France puisque je n’y ai jamais travaillé à mon compte, mais par exemple ici, en tant que micro-entreprise, je ne suis pas tenu de percevoir les taxes, ce qui est une petite charge de travail en moins (deux taxes au Québec, fédérale et provinciale, qui partent dans des comptes différents, etc, etc…) Enregistrer le nom de son entreprise coûte une quarantaine de dollars et se fait en 5mn sur le web. Et ce n’est même pas obligatoire si tu travailles sous ton propre nom. Il y a aussi beaucoup de déductions fiscales intéressantes réservées aux micro-entreprises et travailleurs autonomes.
6. Combien de temps ça a pris avant que tu puisses vivre de ton activité ?
J’ai tout de suite pu vivre de mon travail grâce à la sous-traitance.
7. Le plus gros obstacle de ton parcours ? Comment l’as-tu surmonté ?
Peut-être le système de mesures impérial dans mon domaine? Pas évident au début de diviser les pouces en 8èmes, 16èmes et 32èmes et les pieds en… en quoi déjà?! Non plus sérieusement le fait de devoir immigrer pour pouvoir travailler à mon compte (les permis de travail ouverts sont à ma connaissance rares ou temporaires) et plus particulièrement la durée de la démarche. Environ 2 ans dans mon cas.
8. Ta meilleure décision ?
Sans aucun doute celle que je prends encore chaque jour dans la limite du raisonnable : vivre avant de travailler!
9. La plus mauvaise ?
Pas de mauvaise décision pour le moment, et je fais le nécessaire pour que ça arrive le moins possible.
10. Le mot de la fin: quel conseil donnerais-tu à un future entrepreneur ?
Pas facile de conseiller quelqu’un en général… Tout est une question de but et de caractère, mais dans mon cas et pour ceux dont la liberté est la motivation principale : savoir rester petit. Et pour les autres? Comme on dit ici “Si t’es surbooké, c’est que tu charges pas assez!”
